Quand Rani Assaf décide d’être hors la loi

Depuis un an, supporter Nîmes Olympique est devenu un véritable parcours du combattant suite à une politique très particulière menée par le président avec notamment la fermeture de la tribune populaire. Rani Assaf a invité les habitués du Pesage à garnir les travées de la tribune Sud, les Gladiators Nîmes 1991 ont répondu favorablement en appelant les membres et les sympathisants à soutenir l’équipe lors de Nîmes – Bastia ce samedi. Yekaa était sur place.

En attendant la destruction des Costières et l’arrivée du stade provisoire qui devrait être prêt d’ici fin décembre, les supporters nîmois voulaient profiter encore un peu de leur enceinte historique où ils ont vécu tant de moments intenses. Ainsi, à l’appel des GN91, plusieurs centaines de personnes – qui ne vont plus au stade en raison du conflit qui oppose la direction aux supporters du Pesage Est, avaient la ferme intention de renouer avec les plaisirs du stade ce samedi contre Bastia. Après deux défaites consécutives le message du groupe ultra nîmois était clair : encourager l’équipe avec des chants, drapeaux, tambours et montrer la grande différence entre un stade sans ambiance et un stade vivant. Une fois les consignes passées, le cortège se dirige vers la tribune Sud. Tous étaient munis d’un billet pour la rencontre du jour. Une fois arrivée à la fouille, les supporters apprennent par l’intermédiaire des stadiers que le matériel du groupe n’est pas autorisé à entrer dans l’enceinte. Ici, on cible la bâche, mais aussi les tambours, les drapeaux et les calicots. Un dialogue s’installe entre les acteurs, dans le calme. Les supporters désignés en amont pour discuter font part de leur incompréhension. En effet, le groupe des Gladiators Nîmes est une association loi 1901.

“Vous refusez de faire entrer ça (la bâche du groupe) alors que c’est autorisé par la Ligue. Monsieur Assaf fait sa propre loi au stade”, peste le président des GN91 aux agents de sécurité qui refusent de laisser le matériel du groupe entrer au stade. “Notre but c’est d’encourager l’équipe. On demandait juste à entrer au stade pour supporter l’équipe, c’est un point de non-retour aujourd’hui”, ajoute-t-il auprès de Via Occitanie.

Le président du club, Rani Assaf, passe alors au-dessus de la loi, elle qui était si chère à ses yeux comme il tenait à le signaler au micro d’Objectif Gard, il y a quelques mois. D’ailleurs, la veille de la rencontre, le groupe a indiqué dans un communiqué : “nous nous étonnons qu’un président de club de football se soustrait ainsi à la loi et s’octroie des prérogatives qui sont hors de son champ de décision. En effet, le règlement intérieur de la Ligue de Football Professionnel liste très précisément les objets proscrits et il apparaît qu’aucun des objets que nous projetons d’introduire dans le stade n’y figurent.”

Face à la sécurité, les supporters n’ont pas obtenu les réponses espérées. Les agents répétaient qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres. Pendant plusieurs dizaines de minutes les discussions continuent, sous le regard d’une dizaine de CRS, avant que les supporters bloqués devant l’entrée, tous munis d’un billet, chantent pour leur club, leur équipe et leur ville. Aucune insulte et aucun débordement.

Refuser l’accès à un stade à des supporters, dont certains parcourent la France toute la saison pour soutenir l’équipe et le club, voilà ce qu’est devenu l’institution présidée par Rani Assaf. Une institution qu’il ne représente en rien. 

Les stadiers ne peuvent rien, les CRS non plus, cette histoire devrait se régler devant la justice. Mais, la procédure, si elle a lieu, s’annonce longue et périlleuse. Des supporters, passionnés et investis, devraient avoir autre chose à gérer qu’une procédure judiciaire, surtout quand on connaît la nature du problème. Parmi les (rares) réactions, l’ancien arbitre professionnel Philippe Malige s’est exprimé sur Twitter en postant une photo prise devant l’enceinte du Celtic Glasgow avec la citation suivante : “football without the fans is nothing.”

Une triste soirée pour le football, dont l’esprit a été piétiné par une minorité de fauteurs de troubles cette semaine, il est aujourd’hui mis à mal par un président qui a une vision très spéciale de l’Etat de droit qu’il se permet de court-circuiter en méprisant toute une partie de ses supporters, qui étaient là avant lui et qui seront là après.

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