L’Art du Stand-Up

La sincérité demeure le Maître-mot de cet art en plein essor qu’est le Stand-up. Porté en France par Fary, Jason Brokerss, Panayotis Pascot, Roman Frayssinet ou encore Fadily Camara, entre autres; le Stand-Up, non loin de son âge d’or en France – avec plus de 18 000 représentations en 2017 contre 7 380 en 2006 selon Le Monde -, est en réalité un Art qui subsiste depuis de nombreuses décennies, notamment outre-Atlantique où il puise sa source. Aux Etats-Unis, et ce depuis plus de 10 ans, des stand-uppers comme Dave Chappelle ou encore Kévin Hart, pour ne citer qu’eux, remplissent manifestement des salles autant mythiques que immenses. Plongeons alors au cœur de ce genre de « monologue comique », sans décor, sans accessoire avec comme seule mission d’échanger, discuter directement de la manière la plus authentique et intime possible avec son public à travers des anecdotes, des histoires courtes mais aussi des punchlines chocs.

Les origines du Stand-Up

Le Stand-Up vient directement des années Etats-Unis (bien qu’il aurait été testé auparavant en Grande-Bretagne) vous l’aurez compris mais il date de quand ? La réponse n’est pas si simple. Mort Sahl est considéré comme le tout premier stand-upper.

Ancien musicien, il se lance alors seul sur scène, en Californie, en 1950, et improvise en se livrant à une satire de la société et en critiquant ouvertement l’actualité, lui qui fut simplement muni d’un journal et d’un tabouret. Des vannes plus ou moins osées qui vont ainsi lui servir de transitions entre ses différents morceaux de jazz. La mayonnaise prend, le public semble conquit par l’authenticité de l’échange et la simplicité de cet artiste. Le public en redemande volontiers, on assiste alors à l’éclosion d’un nouveau style.

Le genre se caractérise et le mouvement s’affirme du côté de New York dans les années 1960-1970. Lenny Bruce et Richard Pryor, deux humoristes américains de l’époque, s’essaient également, avec brio, à cette pratique nouvelle. Quant à eux, ils abordent des sujets plus personnels et ô combien tabous pour l’époque à savoir le racisme (en pleine ségrégation raciale), la politique, la drogue et le sexe. Le public loue les qualités d’écriture de ces comiques, c’est alors que le statut d’auteur dans cet « art à en devenir » est reconnu, une première victoire pour ces artistes de talents.

« A ce moment là, deux types de publics vont faire connaître le Stand-Up dans tout le pays et lui donner une visibilité à l’échelle du monde. D’un côté, les jeunes new-yorkais et new-yorkaises qui se sentent en décalage avec la culture américaine. De l’autre, les intellectuels, notamment ceux de Greenwich Village, qui se battent pour faire évoluer les mentalités. Inspirant la contre-culture américaine, Richard Pryor devient l’icône du Stand-Up Comedy. Plus généralement, le comique de scène devient un véritable moyen d’expression pour les minorités. »

source : Dune Raimon, étudiante pour Image&Co

Nous assistons ensuite aux premières créations de salles de spectacles entièrement dédiées au Stand-Up, une véritable consécration voire considération pour un genre qui s’installe peu à peu et séduit davantage. De cet essor naît le Broadway Comedy Club, le Gotham Comedy Club ou encore le Comedy Cellar. De nombreuses carrières vont même voir le jour entre ces nouveaux murs comme celles du réalisateur Woody Allen, de l’humoriste et animatrice Ellen DeGeneres ou encore Eddie Murphy, Jim Carrey … et bien d’autres!

crédit : TripAdv

Aujourd’hui encore ces scènes permettent l’éclosion de nombreux.ses artistes américains ou internationaux, notamment en France où le devenu mythique Jamel Comedy Club semble s’en inspirer avec réussite.

L’éclosion du Stand-Up en France

En France, le Stand-Up s’est exporté dans le même temps qu’aux Etats-Unis puisqu’à partir des années 1950, l’excellent Bourvil, l’inégalable Guy Bedos ou encore Fernand Raynaud s’essayaient dans les cabarets ou à la radio notamment.

Dans les années 1960, celui qui deviendra le modèle de la plus part des stand-uppers de notre génération actuelle, à savoir Raymond Devos, ouvre les portes de cet art en France avec, lui aussi, des anecdotes très personnelles, des critiques ouvertes mais aussi, si vous me le permettez, avec une bienveillance, une intelligence, une rhétorique et un rythme si peu égalé aujourd’hui encore.

La scène se renouvelle constamment avec des générations d’artistes comme Coluche, Thierry Le Luron dans les années 1970; le très bon Roland Magdane dans les années 1980; le polyvalent Pierre Palmade, Jean Marie Bigard, Muriel Robin ou encore Patrick Timsit dans les années 1990…

Des radios puis des chaînes de télévision en découle, l’art s’est donc réellement installé. Le Stand-Up suit un peu la même courbe qu’au pays de l’Oncle Sam mais avec un succès d’estime moins grandissant. Et pour cause, le Stand-Up vient se confondre à un autre genre, le One-Man Show.

Les caractéristiques du Stand-Up

Pour certains c’est acceptable mais pour les puristes du stand-up, comparer le One-Man Show et le Stand-Up est « une véritable honte » et on les comprend. Bien que certains humoristes comme Gad Elmaleh ou encore Florence Foresti notamment dans les années 2000 ont toujours flirté entre les deux styles, il existe des différences notables.

Le Stand-Up dans un premier temps se démarque par son intimité et son adresse avec le public, bien plus profonde et directe que pour les One-Man Show classiques. Aucun accessoire ni aucun personnage n’est joué, c’est une sorte de one-shot avec le public : lui donner l’impression qu’aucun texte n’existe, en étant debout (stand-up) et qu’il s’agit en réalité d’un échange soudain. Certains artistes comme Kheiron se rendront sur scène sans le moindre texte et passeront l’intégralité de leur spectacle à improviser en fonction des réponses du public. Une véritable prouesse.

Et dans un second temps, comme évoqué précédemment, le Stand-Up se démarque par la phrase choc, que l’on appelle la punchline. Pour certains, c’est LA phrase la plus travaillée, celle qui permet de « mettre le public dans sa poche » ou du moins de lui donner un avant-goût de la suite. Exemple.

Fary « Salut les Blancs » aux Molières

Aujourd’hui dans le monde mais aussi en France, le Stand-Up connaît un véritable succès. De nombreuses salles comme le Bordel Comedy Club à Montréal mais aussi le Paname Art Café, le Barbès Comedy Club ou le Madame Sarfati Comedy Club à Paris proposent des scènes ouvertes où n’importe quel artiste peut saisir l’occasion de se tester et se produire devant un public venu intégralement consommer du stand-up.

A noter également la diffusion massive des spectacles sur les plateformes internationales en ligne comme Netflix qui permettent la démocratisation du genre. A ce propos, la scénariste de « Dix pour cent », Fanny Herrero, passe derrière la caméra pour signer une des sorties Netflix les plus attendues de ce printemps 2022, la mini-série « Drôle », qui explorera l’univers du stand-up.

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