Justin Bieber, l’enfant terrible devenu superstar

« Arrogant » disaient-ils, d’artiste éphémère le qualifiaient-ils. Pourtant, treize années plus tard et à vingt-sept ans seulement, le gamin de l’Ontario est devenu l’un des artistes les plus convoités et les plus célèbres au monde. De « Baby » à « Stay » en passant par « Sorry », « Beauty and a beat » ou encore « Peaches », le nombre de hits et de récompenses à son actif demeurent incalculables. Mais que le parcours fut sinueux pour l’artiste à la voie et la voix si singulière. Portrait.

Une enfance difficile aux côtés d’une mère marquée

Justin Drew Bieber voit le jour le 1er mars 1994 à London dans la province de l’Ontario, au Canada. Très petit, sa mère Patricia Mallette, d’origine canadienne et française, ainsi que son père Jeremy Jack Bieber se séparent. Ils avaient eu Justin tous deux à l’âge de 18 ans.

Peu à peu, malgré le contact gardé, le père Bieber s’efface de l’éducation de son fils et Justin grandit exclusivement aux côtés de sa mère « Pattie », dans la ville de Stratford, dans sa province natale de l’Ontario, toujours. En revanche, le cadre de vie se complique pour lui lorsque la mère de famille bascule une nouvelle fois dans une dépression sévère. Comme le racontait cette dernière dans son autobiographie parue en 2012, « Nowhere but up », elle fut longtemps – de ses 4 à 10 ans – victime d’abus sexuels de la part de sa nourrice et d’autres membres de sa famille. Une période logiquement très marquante pour elle :

J’ai appris plus tard qu’il était normal et naturel pour toute personne qui a vécu un abus sexuel de connaître ce sentiment de honte, et d’avoir l’impression que le problème vient de soi

Pattie Mallette, mère de Justin Bieber.
Propos recueillis par NBC News en 2012.

Après avoir frôlé la mort, elle relève la tête et rencontre l’amour en la personne de Jeremy. Elle pense avoir retrouvé son chemin puis tombe enceinte, à 18 ans donc. Bien que la naissance de « JB » la remplit de joie, elle n’était pas initialement prévue. Puis la séparation et la distance que prend le père de son enfant ne vont aucunement arranger la situation. Pour survivre, elle enchaîne successivement les emplois sous-payés et lutte une nouvelle fois contre son addiction à la drogue et à l’alcool qui étaient de véritables échappatoires pour elle, à l’adolescence. Justin est donc régulièrement confié à Diane et Bruce Mallette, ses grands-parents maternels, qui contribuent fortement à son éducation. Il reste extrêmement proche de ces derniers.

Selon les dires de sa mère, son fils Justin excelle à l’école primaire catholique Jeanne Sauvé School. Il recevra même en 2012 son diplôme d’études secondaires (l’équivalent – à quelques aspects près – du Baccalauréat) obtenu grâce aux cours par correspondance. Car oui, en 2012, si vous vous souvenez bien Justin était déjà un phénomène musical, et ce depuis quatre années déjà. C’est à présent ce que nous allons découvrir.

Pop star in the making: Bieber also rocked the bleached hair look in second grade
crédit : Instagram @justinbieber

Itinéraire d’un prodige en puissance

Au cours de son enfance, Justin se découvre multiples passions principalement orientées vers le sport et la musique. Il s’essaie alors au football, au hockey puis à la trompette, à la batterie mais aussi et surtout à la guitare, au piano et au chant. Alors âgé de douze ans seulement, il participe à une compétition locale de chant dans sa ville de Stratford. Terminant à la deuxième place du classement final, sa mère ultra-fière prend l’initiative de publier toutes les vidéos de la soirée sur YouTube. Les vidéos de Justin connaissent un succès d’estime. L’une d’entre elles tombe dans les mains de Scooter Braun, agent reconnu à l’époque aux États-Unis pour représenter notamment Kanye West, Martin Garrix ou encore Carly Rae Jepsen, entre autres. Immédiatement, il contact la mère du jeune artiste et met en relation Justin et la star américaine Usher, avec qui Scooter Braun a fondé une entreprise par le passé.

Tout s’accélère ensuite. Malgré la convoitise de Justin Timberlake, Bieber rejoint Usher qui le prend immédiatement sous son aile. Ce dernier le fait signer à Island Records, en octobre 2008 et s’installe avec sa mère à Atlanta, en Géorgie (USA). Scooter Braun devient et restera, aujourd’hui encore, son agent et ami proche, tout comme Usher.

Tandis qu’il pense prépare son premier album à son allure, Justin est contraint – poussé par son label – de dévoiler rapidement son tout premier single. One Time voit le jour en mai 2009. On y découvre alors un jeune homme, à l’allure décontractée, à la mèche authentique (qui deviendra iconique) et doté d’une voix soprano certes enfantine mais ô combien mélodieuse et entraînante. Une carrière promettante est lancée.

« One Time » sorti en Mai 2009 est le tout premier single de Justin Bieber.

Le 17 novembre 2009 il dévoile son premier EP tant attendu intitulé My World. Les singles qui s’en suivent « frappent » pas assez fort, contrairement au premier. Bien qu’il soit invité par Barack Obama et sa femme à chanter sur scène à la Maison-Blanche pour Noël, sa carrière semble néanmoins déjà terminée. Pour certains du moins, Justin Bieber est considéré comme l’homme d’un seul titre : One Time, et ne connaîtra pas de second souffle. Pourtant, en janvier 2010…

« Baby » avec Ludacris est considéré, aujourd’hui encore, comme son plus grand classique.

Justin Bieber répond immédiatement aux critiques et semble être muni de plusieurs cordes à son arc. Séducteur, danseur, il plaît particulièrement aux femmes et créé immédiatement sa fan-base de « Beliebers ». La folie s’empare de l’artiste qui se fait un nom en propulsant son titre « Baby » à la cinquième place du Billboard Hot 100 et à la première place des clips les plus visionnés sur YouTube. Le succès est international. Une tournée mondiale de près de 130 dates s’en suit et des singles reconnus tels que Somebody To Love avec Usher ou encore l’excellent Eenie Meenie en featuring avec Sean Kingston voient le jour.

Justin Bieber cumule les hits de 2009 à 2011 et semble au sommet de son art, à seulement 13 ans.

En juin 2011, le magazine Forbes l’inclut dans son podium des « célébrités de moins de trente ans les mieux payés au monde » et figure parmi les personnalités les plus influentes de la planète. L’ascension est plus que fulgurante. Les albums se succèdent et se positionnent tous dans les plus hautes places des classements mondiaux. Il réalise également la bande originale du remake de « Karaté Kid » , Never Say Never aux côtés de Jaden Smith, acteur du film.

Au retour de sa tournée renversante, il dévoile Believe et Journals, deux de ses albums les plus vendus aujourd’hui encore, porté notamment par Boyfriend, un autre de ses classiques. Justin Bieber se démarque de plus en plus. Sa voix mue et ne semble visiblement pas être un problème pour lui. Le public ressent l’évolution positive d’un artiste qui ne cesse de s’améliorer.

« Recovery » track 4 de l’album Journals de Justin Bieber.

Le natif de London réalise sa deuxième tournée mondiale de 160 dates qu’il conclut en Australie. La nouvelle star de la pop ne semble reculer devant rien et la critique médiatique est alors ultra positive, surtout depuis sa relation avec une autre star du même âge, à savoir Selena Gomez. Une romance qui passionne. Mais…

Le contre-coup d’une célébrité précoce

Rapidement, le « prince de la pop » interpelle et déplaît par son comportement aux yeux du grand public. Durant sa deuxième tournée notamment et dans les rues des Etats-Unis, on y découvre cette fois-ci un jeune homme arrogant, pourri gâté, peu respectueux d’autrui… En bref, un gamin qui doit à la fois gérer sa crise d’ado et son nouveau statut de star internationale avec l’argent et la célébrité qui en découlent.

Un sondage publié par Public Policy Polling admettait même que seul Chris Brown – connu notamment pour avoir frappé son ex-petite amie Rihanna au visage – était en 2013 le chanteur le plus détesté des Américains devant Justin Bieber, deuxième. Malgré de nombreuses excuses publiques, l’artiste ne convainc pas et rame pour faire pardonner son comportement exécrable. Et ce ne sont pas ses affaires en justice – liées à sa conduite sportive, sous alcool et à de nombreuses bagarres – qui arrangent ses affaires.

Affronter mes plus anciennes erreurs est bien la chose la plus compliquée que j’ai dû faire dans ma vie.

Justin Bieber à propos de ses multiples tentatives de « rachat » vis à vis de son public.

Autant adulé que détesté, Justin Bieber divise. Il décide alors en 2014 de faire une première pause dans sa carrière musicale et de se recentrer sur lui, sur son image. On apprendra par la suite que sa consommation de drogue a cette époque fut excessive. Il se serait même éloigné de sa mère par peur de la décevoir de trop.

J’ai commencé à me droguer, à prendre des médicaments en nombre et à abuser émotionnellement des autres à l’âge de 18 ans. J’étais plein de ressentiment, irrespectueux envers les femmes, et colérique. Je me suis montré distant avec toutes les personnes qui m’aimaient, puis je me suis caché derrière une carapace. J’avais l’impression de ne jamais pouvoir être autrement.

Justin Bieber à propos de sa période sombre
crédit : Flickr par agan harahap / Justin Bieber en garde à vue en 2014.

Un premier retour remarqué

Bieber tente de se relever et marque son retour musical en 2015 sur Where Are Ü Now en collaboration avec Jack Ü. Nouvelle image, nouveau style et en apparence plus humble, plus discret, l’objectif clair de Justin Bieber est de renouer avec le grand public et c’est une mission qu’il réussit haut la main. Avec What Do You Mean, qui traite de sa rupture récente avec Selena Gomez, l’artiste laisse transparaître à la fois sa tristesse et sa maturité, une sincérité qui plaît à présent. Le single se place immédiatement premier du Billboard Hot 100 et établit le record du plus jeune artiste à débuter à cette première place du classement.

En fin d’année, Justin Bieber dévoile son quatrième album Purpose porté par ce fameux hit évoqué précédemment mais aussi par Sorry ou encore Love Yourself. Le retour de Bieber ne passe pas inaperçu et le chanteur semble avoir « reconquérit » une grande partie des auditeurs grâce à sa vulnérabilité affichée par ses textes plus intimes, donc.

Justin Bieber se met en scène de manière plus discrète, plus humble avec ce live acoustique de Love Yourself.

Une retraite musicale

A la suite du succès de Purpose, qui obtiendra des chiffres de vente colossaux, le talentueux « JB » que l’on pensait à « son prime » et retrouvant des contacts forts avec son paternel sombre tout à coup dans une dépression sans précédent. L’état mental du chanteur est mis en danger et sa santé physique également. Peu après, il avouera être atteint de la mononucléose et d’une maladie nommée maladie de Lyme, se transmettant par piqûre de tiques.

En quête de remède, il déclare « se rapprocher de Dieu en échangeant avec lui » et pratique pleinement la religion christianisme évangélique, lui qui fut baptisé en 2014. Mais c’est aussi aux côtés d’Hailey Baldwin, une mannequin et entrepreneuse américaine, qu’il côtoie régulièrement depuis de nombreuses années qu’il se sent le mieux. Désireux de retrouver la santé, la paix intérieure et de créer un mariage parfait avec Hailey, il décide de se retirer de la scène musicale officiellement.

Hailey et moi créons simplement ces moments pour nous en tant que couple, en tant que famille, et nous construisons des souvenirs. Avant, je n’avais rien de tout cela dans ma vie. Je n’avais pas quelqu’un à aimer. Je n’avais pas quelqu’un sur qui me reposer. Mais maintenant: oui

Justin Bieber à propos de sa retraite en 2018.

Néanmoins, sur le plan musical, il maintient son public en haleine avec quelques collaborations au succès retentissant comme Despacito (Remix), Let Me Love You avec DJ Snake mais aussi I’m The One et No Brainer aux côtés de DJ Khaled.

Le renouveau

Désormais marié, en paix avec soi, Justin Bieber réapparait début 2020, plus heureux, plus énergique et plus soigné que jamais avec un single surprise « Yummy », précédant son sixième album Changes. L’attente fut si longue pour les fans du chanteur que le titre se positionne, comme au bon vieux temps, en tête des classements mondiaux. En revanche, ce morceau assez R&B ne fera pas l’unanimité auprès de la critique, et pour cause des paroles franchement pauvres. L’objectif était sûrement pour l’artiste de faire entendre qu’il était de retour avec un hit commercial et rien d’autre. Bref, pas dingue le son !

On découvrira ensuite dans son album à la cover rouge amour des textes plus sentimentaux, bien plus sincères encore. Intégralement dédié à sa femme Hailey, il glisse néanmoins nombreuses confessions liées à ses problèmes de drogue, de célébrité et de dépression. Accompagné d’une série de vidéos de dix épisodes mettant en scène les dernières années terribles que Justin Bieber semble avoir vécu, le nouveau Justin démontre une nouvelle fois qu’il n’a plus aucune pudeur. La série (disponible sur YouTube sous le nom « Seasons ») prouve, entre autres, sa manière folle de travailler quotidiennement et sa passion pour la musique.

Dans le style musical, Justin Bieber rassemble davantage également. Se considérant plus comme un chanteur Pop mais un chanteur R&B, l’artiste élargit son public masculin jusqu’alors plutôt discret et réussit également à se détacher de son public hystérique d’antan. Un public qui « l’étouffait » parfois déclarait-il.

Un (EXCELLENT) septième album « Justice » plus tard, le « Biebs » figure de nouveau en tête des ventes avec deux de ses hits, pour ne citer qu’eux, se glissant en première position des différents classements. Assumant sa foi et ses sentiments, le nouveau Bieber mêle ses influences soul, R&B et propage la musique qu’il aime produire, toujours avec sa voix incontestablement belle et authentique. En définitive, fini les tubes de séducteur pour Justin !

Avec Peaches et Holy, nous avons par exemple ici deux prises de risque de la part de JB. Le premier, plutôt coloré, funk des années 90, mid-tempo type « Westside » précède le second plutôt calme, doux et entraînant.

En fin d’année 2020, Justin Bieber réapparaît enfin sur scène, quatre ans plus tard. En effet, son retour s’effectuait en même temps que la propagation du Covid-19 à travers le monde, ce qui a rendu logiquement impossible sa tournée sur Changes. Cette fois-ci, il compte bien faire le tour des salles de concert, notamment avec le succès que connaît son album Justice. En plus de son talent indéniable, on y découvre sur scène un performer et un showman qui en vaut le détour. Son retour demeure donc une réelle satisfaction pour ses fans.

Ses danseurs et lui-même semblent prêts à repartir sur scène avec l’énergie qu’on lui connaît.

Inutile d’évoquer son actualité récente puisque tu l’as probablement entendu sur toutes les ondes aux côtés de Kid LAROI sur le superbe « Stay » – à la fois triste dans ses lyrics et entraînant dans son rythme -, preuve une fois de plus que le « sale gosse de la pop » est de retour sur le devant de la scène, au rang de superstar assumée.

À  noter que Justin Bieber est désormais à l’affiche d’un superbe documentaire exceptionnel Our World le concernant, disponible sur Amazon. Il revient notamment sur son retour sur scène.

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