Justin alias CodePuk, photographe de Dadju

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots (nom, prénom, âge) ?

Je m’appelle Justin, j’ai 30 ans, je suis photographe/vidéaste pour des artistes depuis environ 3 ans. J’exerce principalement dans le monde de la musique (95% de mon travail).


Quel a été votre parcours scolaire ? Quel était le métier de vos rêves, vous pensiez déjà à la photographie ?

Je suis ingénieur en sécurité/sûreté de formation (BAC +5) après avoir fait des études en environnement. J’ai toujours eu un attrait pour la Nature au sens large, plus jeune je voulais être éleveur de chiens !
J’ai commencé à penser à la photographie en 2015 à la fin de mes études quand j’ai créé une marque de bonnets pour laquelle je devais faire des photos, de la com etc. Je devais me débrouiller tout seul et j’ai commencé tout doucement la photographie comme ça. Je suis autodidacte en vidéo également (depuis juin 2018).
Avant ça, j’avais toujours eu un intérêt pour le graphisme (mon père est graphiste/ dessinateur) et j’ai tenté une année de Licence en cinéma qui n’a rien donné.

crédit : CodePuk


Comment vous est venue cette passion pour la photographie ? Racontez- nous vos premiers pas.

J’ai toujours eu un intérêt pour l’image, je dessinais beaucoup petit, je faisais du graphisme, j’ai tenté une licence en cinéma…mais j’ai vraiment pris un virage en 2017 quand trois ans après la fin de mes études je n’étais toujours pas fixé sur ce que j’allais faire. J’ai décidé de travailler dans la restauration quelques mois pour m’acheter un appareil professionnel et tenter ma chance. J’ai servis des crêpes pendant 6 mois pour avoir mon Nikon D500 et me lancer officiellement !


« Je savais que j’allais galérer plusieurs mois/années avant d’en vivre et ça été le cas. Après, j’ai tout appris sur le terrain…et j’apprend encore. »


Si c’est le cas, dans quelle mesure vos études d’ingénieurs ont-elles eu un impact sur la manière dont vous photographiez ?

Mes études ne m’ont pas aidé pour la photographie en soit mais pour tous les aspects autour. Je fais un métier qui demande de l’organisation et beaucoup d’anticipation, ça me sert beaucoup pour ces choses là.

Comment vous est venue cette envie de devenir photographe d’artiste ? Et comment définiriez-vous ce métier à part ?

Je n’avais pas vraiment prévu de devenir photographe d’artiste. Je ne savais même pas que je pouvais faire ça et c’est arrivé presque par hasard.
C’est un métier passionnant et enrichissant mais très dur. Il faut savoir s’adapter à tout, pouvoir se déplacer n’importe où n’importe quand, savoir gérer les imprévus, il faut évoluer sans cesse et répondre à toutes les attentes. Notre rôle c’est de mettre en valeur un artiste au quotidien, c’est un sacré challenge !


Aujourd’hui, avec l’explosion des réseaux sociaux il y a un photographe dans presque toutes les équipes, c’est devenu un métier à part entière super important dans la carrière des artistes.
C’est valorisant pour nous d’avoir ce nouveau rôle et de participer pleinement à la vie d’un artiste.


Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à ceux/celles qui aspirent à devenir photographe d’artiste ?

J’ai conscience que mon profil est un peu particulier car je travaille essentiellement avec un artiste depuis le début alors que certains travaillent avec plusieurs. Je conseillerai de pratiquer énormément, de faire tout style de photo pour être le plus polyvalent possible. Il faut trouver ses points forts et ses points faibles pour progresser et surtout savoir ce qu’on aime faire. Si en plus de ça vous arrivez à avoir un style qui vous est propre c’est encore mieux !


Après, au delà du fait de savoir prendre des (belles) photos je pense que le métier de photographe d’artiste c’est beaucoup de « savoir-être ». On partage la vie des artistes au quotidien, il faut être fiable, ponctuel, rapide, discret, force de proposition…A partir d’un certain niveau c’est « Qui vous êtes » qui fera la différence et vous fera durer dans le métier. Il y aura toujours quelqu’un de plus fort, mieux équipé que vous mais parfois être meilleur c’est être vous même et être différent.


Comment définiriez-vous votre style ? votre univers ?

C’est très difficile pour moi d’avoir du recul sur ce que je fais. Je ne saurais pas vraiment définir mon style mais je sais que j’aimerai qu’on pense de moi que je suis différent. J’aime les choses simples, les belles couleurs. Pour moi ce qui est simple ne se démode pas, c’est aussi pour ça que je reste simple dans mes montages vidéo.

Vos photographies instantanées sont d’une authenticité bouleversante, c’est un point très important pour vous cette authenticité ?


Tout d’abord merci pour ce beau compliment ! J’essaye de montrer ce que je vois le plus fidèlement possible, je n’aime pas trop la mise en scène (et je ne suis pas doué pour ça). Si on regarde bien, 99% de mes photos sont prises pendant un moment de vie.
Je fais également en sorte de prendre des photos qui plairont aux artistes avant de me plaire à moi. Je ne posterai jamais une photo d’un artiste où il n’est pas en mis valeur même si je la trouve super lourde.


Vous photographiez Dadju mais aussi Franglish, Abou Debeing, Kaly, parfois Gims, auriez-vous une anecdote sur l’un d’eux ?


J’en ai tellement ! Un jour, je suis avec Dadju, Joss (le manager de Dadju) et Franglish dans un van et ils cherchent un titre pour l’album de Franglish. Je les écoute parler de ça, chercher un titre qui irait bien avec son mood de l’époque. Ils finissent par ne plus avoir d’idées et je me suis lancé comme si de rien n’était et j’ai dis « Pourquoi tu n’appelle pas ton album Monsieur » ils m’ont tous regardé, ils se sont regardé, ils m’ont re-regardé, il se sont re-regardé. Et le premier album de Franglish s’est appellé Monsieur.


Comment s’est faite la rencontre avec Dadju ?


J’ai rencontré Dadju en janvier 2017 en studio (Yellow Studio). Hugo Nogam m’a appelé pour me dire de passer, il était en session d’enregistrement avec un artiste, c’était Dadju. Je suis arrivé avec mon tout petit appareil et j’ai pris mes premières photos de lui. Je connaissais sa voix car j’écoutais « Aime moi Demain » de The Shin Sekai mais pas son nom. A partir du moment où je l’ai rencontré je suis venu à chaque séance studio qu’il faisait. Il enregistrait ses fameux G20 Live à l’époque et postait une vidéo avec un son tous les dimanches.

De mon côté je travaillais dans la restauration pour m’acheter un appareil professionnel et quand j’ai démissionné et me suis lancé en mai 2017 je lui ai proposé de faire des photos. Il m’a dit « pas de soucis » et il m’a rappelé en septembre 2017 pour venir faire des photos sur un showcase. Le lendemain il m’a dit « j’ai besoin de toi à temps plein, je vais te présenter mon manager Joss » j’ai accepté de le rencontrer et ça a commencé comme ça.

Deux mois plus tard il sort son premier album solo Gentleman 2.0 et c’est devenu la folie. Je suis super content et fier de bosser avec lui depuis le début. Je l’ai connu avant son succès, je l’ai vécu à ses côtés, je suis encore là…Pour moi c’est une grande richesse. Je le connais par coeur, j’adore sa musique en plus donc c’est un vrai kiffe !


Quelle est la journée type d’un photographe d’artiste, lors d’une tournée comme celle de Dadju et Franglish par exemple ?

Alors, en temps normal, et en temps de tournée il faut savoir qu’on part sur les routes plusieurs jours voir plusieurs semaines ! Et on dort dans un TourBus avec des couchettes qui doivent faire 190x70cm. Il n’y a pas de douches dans les bus, on doit se doucher dans les loges des Salles de concert.

En général on a rdv la veille du départ vers 00h, pour faire la route de nuit. On arrive sur place le lendemain vers 9h, les techniciens commencent leur journée et montent la scène (ils font un boulot de dingue).
Pour nous la journée commence vers 17h avec les balances, puis la première partie vers 20h et le concert vers 21h. Après le concert (et une bonne douche) je retourne au TourBus pour retoucher les photos et/ou monter la vidéo. Pendant ce temps les techniciens démontent la scène, rangent tout et une fois que c’est terminé on part pour une autre date. On se réveille le lendemain dans une autre ville et on recommence. C’est un rythme de fou !


Pour ma première tournée de Zéniths (en Automne 2018) je devais faire des photos et des vidéos pour Franglish et pour Dadju en même temps. Je courrais partout pendant 2h30, je passais des heures à retoucher les photos et monter les videos dans le TourBus pour poster dès le lendemain. C’était un rythme incroyable qui a été super formateur au final.


Vous tournez également des clips, récemment vous avez réalisé “Le Dua” de Dadju. Pouvez-vous nous en dire davantage ? Est-ce la suite logique pour vous ?

C’était totalement imprévu ! Je ne réalise pas vraiment de clip en réalité je me considère plutôt comme un reporter qu’un clipper. On a tourné Le Dua à Dubaï sans préparation et en one shot. Je suis plutôt content du résultat quand même. Je pense que je passerai à la réalisation de clip plus tard, ce sont des choses qu’on prépare, avec une direction artistique etc c’est un tout autre métier. Pour le moment je me concentre sur mon métier de photographe/vidéaste pour continuer de progresser.


Quel est votre cliché favori, celui dont vous êtes le plus fier ?

Question difficile ! J’ai quelques photos qui me viennent en tête pour des raisons vraiment différentes. Je dirais la 1 parce qu’elle représente des mois et années de travail, c’est une sorte d’aboutissement car c’était le dernier concert du G20 Tour notre première tournée. Je dirais également la 2 car elle représente aussi un autre aspect de notre travail, le partage, l’entraide, l’ouverture au monde et le fait de rendre ce qu’on nous donne. Je dirais la 3 car cette photo est tirée de mon premier shoot studio officiel et elle a été utilisée pour la campagne de com’ de POA (Poison ou Antidote, le deuxième album de l’artiste).

Enfin, la 4, (que l’on retrouve en haut) car c’était un rêve de gosse pour moi de prendre des animaux en photo en pleine jungle. C’était au Cameroun c’est un super souvenir.

crédit : CodePuk / Photo 1
crédit : CodePuk / Photo 2
crédit : CodePuk / Photo 3

De tous les voyages effectués auprès des artistes, quel a été le meilleur endroit que vous ayez visité ?

J’ai eu la chance de visiter plus de 30 pays ces trois dernières années. Souvent n’avions pas vraiment eu le temps de découvrir ces endroits malheureusement. New-York reste ma ville préférée, j’ai même une photo qui a été affichée sur Time Square en 2019, je ne réalise toujours pas. J’adore cette ville, l’ambiance, l’architecture. J’y retournerai en vacances !
Les voyages en Afrique sont également super riches, surtout humainement je pense que ce sont les plus beaux de ce point de vue là.

L’équipe yekaa remercie chaleureusement CodePuk pour cet entretien enrichissant. Vous pouvez retrouver le formidable travail de Justin sur son compte instagram :

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