Banksy, anonyme engagé

Il est l’un des graffeurs les plus populaires, l’un des artistes les plus influents de la planète, activiste, provocateur, revendicateur, il s’engage notamment dans des causes qui lui sont chères. Pourtant, le célèbre artiste polyvalent demeure dans l’anonymat depuis ses débuts, dans les années 1990. Le britannique fascine, passionne, inspire et défraie la chronique. Portrait.

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Qui est Banksy ?

Banksy est anonyme, certes, et n’a jamais accepter la moindre interview mais il a laissé derrière lui des indices qui permettent de retracer son probable parcours jusqu’à son lieu de naissance. Il serait né à Bristol, une ville d’Angleterre, en 1974. Certains ont pensé qu’il était en réalité une femme, ou alors un groupe. D’après de nombreuses spéculations et recherches sérieuses – menées notamment par le Daily Mail ou Le Monde – Banksy serait un certain Robin Gunningham, graffeur reconnu, originaire lui aussi de Bristol. Les travaux de Banksy et les déplacements de ce dernier – étudiés par une cellule scientifique – seraient en lien. Gunningham collaborerait régulièrement avec des artistes ayant travaillé avec Banksy et « DJ Goldie », au cours d’une interview accordée en 2017, a prénommé Banksy « Rob ».

Bref, Banksy, à l’inverse de la société actuelle, fait parti de ceux qui préfèrent que sa productivité, son travail et ses œuvres soient plus importants que l’Artiste en lui même – ce qui explique, entre autres, son anonymat même si l’illégalité du street art demeure l’une des mulitples raisons évidentes –, alors inutile de s’attarder sur sa probable identité et concentrons nous sur son fabuleux travail.

Banksy débute sa carrière de graffe, à main levée, au début des années 1990, à l’âge de seize ans. Elève turbulent, il est renvoyé de plusieurs écoles et purge même une peine de prison pour délits mineurs. Ses premières œuvres de graffeurs sont réalisées à l’adolescence à Bristol, ville qui donne naissance à un mouvement musical, le trip-hop. En effet, la ville baigne dans la scène underground et Banksy s’inspire des artistes et des musiciens de sa ville. Il appartient même à un groupe de graffeurs, le Bristol’s DryBreadZ Crew (DbZ).

Pour échapper à la police notamment, il utilise une technique rapide puisqu’il peint au pochoir. Il prépare et découpe un matériau rigide (bois, métal…) pour “bomber” ensuite de la peinture. Après avoir repéré les lieux sur lesquels il peint, Banksy n’a plus qu’à pocher. L’avantage de cette technique : il peut reproduire à l’identique une même peinture, plusieurs fois, à différents endroits. Pas besoin de rester des heures à reproduire un dessin. Ainsi, Banksy peut être furtif et conserver plus facilement son anonymat.

Peu à peu, Banksy se démarque par son style à la fois dénonciateur et polyvalent. Pochoirs, peintures, sculptures, détournements d’objets urbains ou classiques, il semble savoir tout faire et pousse l’individu à se questionner sur la condition humaine de manière ironique avec une affection particulière pour le second degré. Dénoncer des faits en faisant sourire, telle est la politique artistique de Banksy.

Il acquiert alors un premier succès d’estime et une notoriété qui lui vaudra une participation au festival de graffitis Walls on Fire en 1998, toujours à Bristol. Puis, l’année suivante, il réalise la célèbre fresque « The Mild Mild West » :

File:Banksy MIld Mild West and poster.jpg
crédit : Wikimédia Commons

L’artiste déménage à Londres au début des années 2000 et ses œuvres vont connaître un succès sans précédent.

L’éclosion et des messages de plus en plus percutants

En 2003, le jeune artiste réalise la pochette d’album de Blur « Think That ». Il se diversifie davantage. L’année suivante, en 2004, Bansky fait parler de lui à travers le monde. Il fait imprimer une multitude de faux billets de 10 livres en remplaçant la Reine Elizabeth II par celle de l’ancienne princesse Lady Diana. Il modifie également le slogan « Bank of England » par « Banksy of England ». Ces billets sont distribués lors d’un célèbre carnaval à Notting Hill, quelques jours plus tard.

crédit : Flickr

En 2005, il parvient à entrer dans les plus grands musées du monde : au Museum of Modern Art (MoMa), au Tate Britain ou encore au Musée du Louvre à Paris, pour y afficher ses propres œuvres. Son ascension est considérable. En 2006 il réalise une sculpture immense représentant une cabine téléphonique rouge couchée, fendue par une pioche avec du sang qui coule. Il place cette œuvre dans le quartier londonien de Soho.

Quelques mois plus tard, il introduit une poupée gonflable – vêtue d’un uniforme orange semblable à celui des prisonniers de Guantanamo – à Disneyland, en Californie. Des messages forts. Ses œuvres provoquantes ont généralement un sens et un objectif très politique qui prouve son engagement révolutionnaire et indigné. Parfois même, les œuvres de Banksy sont dérobées soit à cause de la valeur que cette dernière peut avoir, soit par désaccord politique.

Peu de temps après, Banksy pirate la sortie du disque de la célèbre chanteuse et actrice américaine, Paris Hilton, avec un total de cinq cents disques achetés en magasin. Il remixe les morceaux et modifie notamment les titres, la pochette et les photos du projets puis diffuse les copies en rayons – avec les codes barres d’origine – des différents magasins britanniques.

Pacifique, Antisystème, Antimilitariste, Anticapitaliste, l’artiste britannique enchaîne les coups d’éclats ingénieux. Généralement au pochoir comme sur les murs de Gaza ou Jérusalem mais aussi à travers des installations surprenantes, des sculptures revendicatrices et des détournements d’œuvres. Comme évoqué précédemment, il dénonce aussi la société de consommation en pointant du doigt des emblèmes phares de l’Amérique consumériste, comme le dessin d’une vietnamienne irradiée au Napalm tenant par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald.

crédit : Flickr

Certaines réalisations de Banksy incitent à garder espoir malgré tout comme celle qui demeure, sans aucun doute, sa plus célèbre : la Petite fille au ballon. Peinte en 2002 à Londres, dans le quartier de South Banks.

crédit : Flickr

Le vendredi 5 Octobre 2018, cette œuvre iconique qui venait d’être achetée 1,2 million d’euros aux enchères, à Londres, s’est auto-détruite – elle glisse sous le tableau et s’effiloche en lamelles – sous les yeux d’un public bouche-bée. Un véritable coup de maître de l’artiste. Aujourd’hui, le tableau a pris davantage de valeur et est exposé au musée.

« Il y a quelques années, j’avais en secret, incorporé une déchiqueteuse à papiers dans la peinture, au cas où elle serait mise aux enchères… »

Banksy sur Instagram

A Bristol, une exposition importante de son œuvre – plus de 100 pièces – a accueilli plus de 300 000 visiteurs en 2009. Banksy est également réalisateur du film « Faîtes le mur », sorti en 2010. Décidément, il semble tout savoir faire.

Un engagement fort

Outre ses réalisations revendicatrices, Banksy œuvre pour défendre la cause des migrants. En août dernier, le britannique a financé un navire depuis l’Espagne pour secourir les migrants qui tentaient de rejoindre l’Europe à la nage. Le navire est baptisé Louise Michel, du nom d’une anarchiste française du 19e siècle et décoré par un immense graffiti de Banksy. Une œuvre de Banksy qui sauve des vies, quel défaut l’artiste a-t-il finalement ?

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