Le jour où… les Trumpistes ont envahi le Capitole

Tandis que les élus américains étaient rassemblés au Congrès (unissant la Chambre des représentants et le Sénat), hier, pour certifier les résultats de l’élection présidentielle et ainsi valider l’élection du Président élu, Joe Biden, des manifestants Pro-Trump ont pénétré dans le célèbre Capitole. Selon le chef de la police de Washington, ces heurts ont entraînés la mort de quatre personnes, dont une femme, tuée par balle. Une enquête est ouverte. Mais que s’est-il vraiment passé ? Grand Format.

La défaite qui laisse amer

Vous le savez, dans un contexte si particulier – pour de multiples raisons telles que la crise sanitaire ou encore les violences policières – la présidentielle américaine de 2020 fut un véritable feuilleton.

En effet le 14 décembre dernier, plus d’un mois après les élections, Joe Biden, candidat démocrate, est élu officiellement 46e président des États-Unis. Un résultat que conteste intensément son opposant, le président sortant Donald Trump. Ce dernier prétend avoir gagné « haut la main » une élection qu’il juge truquée et orchestrée par les démocrates. Crise sanitaire oblige, les votes ont du, pour certains, s’effectuer par correspondance. Une manière de voter, selon le républicain qui aurait entraîné des fraudes massives qui viendraient fausser le résultat d’une élection soit disant acquise. Son administration lance même une bouteille à la mer en saisissant la justice à tous les niveaux (État, fédéral voire même la Cour Suprême) pour tenter de discréditer cette victoire déclarée de Joe Biden et sa colistière Kamala Harris. Malgré plusieurs recomptages des voix dans certains États clés, la victoire pour le démocrate reste sans appel.

Et vous l’aurez compris, la pilule ne passe pas pour Donald Trump. Ce dernier, qui ne cesse notamment de gracier un certain nombre de ses proches collaborateurs – pour certains coupables de corruption – ou encore de faire pression, plus récemment, sur le secrétaire d’Etat de Géorgie, pour inverser le résultat de l’élection présidentielle, compte bien profiter de ces derniers instants en tant que Président de la République pour faire porter sa voix.

Et Donald Trump le sait, il bénéficie d’une « armée » de sympathisants solides et prêts à tout pour le maintenir quatre ans de plus à la Maison Blanche…

Et ce Mercredi 6 Janvier 2021, à quelques jours de la passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden, l’homme d’affaires de 74 ans a réunit ses supporters assidus pour un meeting pour le moins animé, à Washington.

Nous ne céderons jamais. Nous avons remportée cette élection et nous l’avons remporté largement. Nous n’abandonnerons jamais »

Donald Trump, le mercredi 6 janvier 2021, lors de son meeting devant la maison blanche

Des propos qui ont bien évidemment suscitaient la révolte des « Pro-Trump ».

De ce pas, des milliers de républicains venus assistés à ce meeting affluent immédiatement au Capitole, situé à une vingtaine de minutes à pied. Élément central de la politique américaine, l’objectif est alors pour ces partisans de manifester, voire pénétrer dans ce lieu, étroitement surveillé depuis le 11 septembre 2001, en théorie…

Photo de Michael Judkins sur Pexels.com

Le chaos total

Ces fameux manifestants Pro-Trump, minoritaires certes et radicaux pour une partie d’entre eux, pénètrent alors dans l’enceinte d’un Capitole en pleine séance. A noter que des milliers de manifestants Trumpistes ont néanmoins condamnés ces actes inédits et « irrespectueux de la République » disent-ils.

Les Trumpistes déplorent une « trahison », alors des scènes surréalistes s’ensuivent. Des vitres détruites. Des individus menaçants. Des bureaux saccagés. Le Congrès est pris d’assaut, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ces manifestants « jusqu’au-boutistes » semblent déterminés.

Venus de tous les États-Unis, les dizaines de milliers de pro-Trump, reconnaissables à leurs drapeaux Trump 2020 et aux casquettes rouges «Make America Great Again» ont espoir, à ce moment-là, de voir les parlementaires renverser le verdict des urnes et maintenir Donald Trump à la Maison Blanche pour un mandat supplémentaire.

Pour certains, semblait-il, un réel coup d’état d’une violence inédite était planifié, voire la prise d’otage et même l’exécution de certains élus présents dans l’hémicycle. La police a d’ailleurs découvert deux bombes artisanales aux sièges du Comité national républicain et du Comité national démocrate, a déclaré Robert Contee. 

Certaines images ne sont pas sans rappeler la Guerre de Sécessions d’une Amérique divisée (guerre civile du 19e siècle opposant les États-Unis d’Amérique, dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d’Amérique, dirigés par Jefferson Davis). On voit notamment ci-dessous, le drapeau des États confédérés d’Amérique brandit dans l’une des pièces les plus importantes du Capitole, non loin de la Chambre des Représentants.

Une sécurité qui inquiète

Face à la tournure inédite des événements, le maire de Washington (une ville majoritairement démocrate depuis des siècles) a décrété un couvre-feu à partir de 18h jusqu’à ce jeudi matin 6h pour tenter d’apaiser les tensions. Les forces de la Garde Nationale américaine se sont alors déployés, bien plus tard, pour reprendre le contrôle des lieux.

Mais une question se pose et l’enquête en cours se penche également sur cette dernière : Comment le cœur de la démocratie américaine a pu être si violemment attaqué ? Comment un lieu si sacré, si protégé habituellement, a pu être introduit voire saccagé ?

Des éléments de réponse sont apparus, « soit les policiers étaient complètement débordés, soit des « laisser-faire » de la part des policiers pour éviter des bains de sang dans le Capitole » a supposé Loïc De La Mornais, correspondant à Washington pour France Télévisions.

Trump lâché par ses collaborateurs et ses proches soutiens

Finalement, en fin de soirée, le Congrès s’est de nouveau réuni pour valider officiellement la victoire de l’ex-Vice Président de Barack Obama aux élections présidentielles. Ce qui était la dernière étape officielle pour rendre le mandat de Joe Biden possible.

Coutume oblige, c’est le Vice-président sortant, Mike Pence, mis sous pression par Donald Trump depuis quelques jours, qui a prononcé, devant les sénateurs, un discours formel validant les chiffres officiels de votes et ainsi affirmer la victoire de Joe Biden. Il en a profité pour déplorer ces événements spectaculaires au Capitole et apporter son soutien aux forces de l’ordre.

crédit : Flickr

Comme une grande partie des Républicains hier soir, Mike Pence a donc littéralement lâché l’actuel Président des Etats Unis d’Amérique. C’est par le biais d’une lettre publiée sur Twitter, indirectement adressée à Donald Trump, qu’il dénonce avoir refusé de s’opposer au triomphe de Joe Biden par manque de preuves tangibles et crédibles.

Un abandon radical qui s’ajoute à ceux d’une majorité du parti républicain.

Ne comptez plus sur moi, trop c’est trop. J’ai essayé d’aider. »

Lindsey Graham, sénateur républicain et proche allié de Donald Trump

D’après des sources anonymes de CNN, média américain, plusieurs membres du gouvernement demanderaient même à Mike Pence d’utiliser le 25e amendement de la Constitution américaine, qui permettrait de destituer Donald Trump pour « inaptitude à présider ». La fameuse « procédure d’Impeachment ». Il est accusé d’avoir harangué la foule et ainsi provoquer une tentative de « coup d’état » selon les dires de la Présidente du camp démocrate.

A quelques jours de son départ, cette destitution est cependant quasi impossible et relève du fantasme. Néanmoins, si cette procédure est évoquée avec insistance c’est parce-qu’elle aurait empêché Donald Trump de se représenter à de nouvelles élections présidentielles. Ce serait un véritable coup de massue pour l’ambitieux et très calculateur homme d’affaires, qui souhaiterait manifestement se représenter en 2024.

En fin de soirée, « The Donald » ,comme il est surnommé, censuré par Twitter pendant 12h, a cependant admis sa défaite dans un communiqué officiel.

Même si je suis en complet désaccord avec l’issue de cette élection et que les faits me donnent raison, il y aura une transition ordonnée le 20 janvier »

Donald Trump à travers un communiqué transmis à l’agence américaine Associated Press.

Les réactions nationales et internationales

Le Président-élu Joe Biden
La jeune sénatrice démocrate, AOC, évoque fermement la procédure d’Impeachment
Premier ministre canadien
Premier ministre britannique
Premier ministre néo-zélandais

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