Le cinéma sur les traces de… Niki Lauda

Dimanche 28 novembre dernier, tandis que les passionnés de Formule 1 suivaient de près le Grand Prix de Bahreïn, le pilote français Romain Grosjean se voit partir en fumée, au moment où sa monoplace sort de piste brutalement, se coupe en deux avant d’exploser. La course étant filmée par de nombreuses caméras, les vidéos ont alors fait le tour du monde provoquant la stupéfaction. « 28 secondes en enfer ». Mais les nouvelles technologies des combinaisons de course l’ont sauvé. Romain Grosjean, comme l’intégralité des pilotes aujourd’hui en Formule 1, était équipé d’une combinaison ignifugée. Le pilote helvetico-français sort indemne de cet accident, avec seulement quelques brûlures partielles.

Mais ses prédécesseurs n’ont pas eu forcément la même chance que lui. Quarante-quatre pilotes de Formule 1 ont perdu la vie à ce jour à cause d’accidents. Vingt-quatre pendant un week-end de Formule 1 (dix-sept en course, huit pendant les essais ou qualification), huit pendant les 500 miles d’Indianapolis, neuf en essais privés et trois durant une course de Formule 1 ne comptant pas pour le championnat du monde.

Romain Grosjean est, donc, un miraculé lorsque l’on compare à ses prédécesseurs qui ont subi des accidents du même style, qui leur ont été malheureusement fatal. Ce récent accident, a logiquement été comparé à celui d’un géant des courses de F1 des années 70 : celui de Niki Lauda, triple champion du monde.

Celui-ci a commencé sa carrière en Formule 3 en 1970. Dans la même année il accède directement à la Formule 2, il obtient ses premiers podiums et commence à courir en Formule 1 en 1971, alors âgé de seulement 22 ans. Niki Lauda est en effet connu pour l’obtentions de résultats dès ses débuts en F1. Mais Lauda est également célèbre pour son grave accident qui a fait le tour du monde tout comme celui de Romain Grosjean.

Lors du Grand Prix d’Allemagne en 1976, Lauda au volant de sa Ferrari 312 T2 en 1976, se trouve démuni de tous contrôles de sa voiture et percute un mur de sécurité avant de rester coincé dans son bolide en feu… « L’ordinateur », comme on le surnomme, parvient à vivre mais défiguré et ses poumons sont gravement touchés, néanmoins, il reprendra le volant seulement 6 semaines après son accident.

Lauda marque aussi l’histoire automobile par sa passionnante rivalité avec le pilote James Hunt (pilote de F1 à l’époque de Lauda).

Hunt est en effet considéré comme le « meilleur ennemi » de Lauda. Niki Lauda et James Hunt se rencontrent assez tôt dans leurs carrières. Ils réalisent les mêmes parcours et se retrouvent régulièrement sur les pistes. L’histoire dit que « c’était le même scénario à chaque fois qu’il y avait Niki et James sur la piste : Lauda et Hunt en tête, traçant les autres concurrents, à se disputer la 1ère place ».

Le parcours de Lauda, son accident spectaculaire ainsi que sa rivalité avec James Hunt, ont été des sujets très médiatisés. Tellement médiatisés que le réalisateur américain Ron Howard a décidé d’en faire un film, celui-ci nommé Rush, sortit en 2013. Le réalisateur de 66 ans a gravé dans la pellicule, l’histoire de Lauda, celle d’Hunt et ainsi une part de l’histoire du sport automobile. Lauda, Autrichien, et Hunt, Anglais, le film est produit par des maisons de production anglaise, autrichienne, allemande et américaine. Niki Lauda est interprété par l’acteur Daniel Bruhl, et James Hunt est interprété par Chris Hemsworth.

Rush (2013) - IMDb

Le film évoque donc la rivalité entre Lauda et Hunt, dans les années 1970, les ascensions des deux pilotes et leurs vies privées, celles-ci très différentes. Les deux pilotes se livrent à des « batailles automobiles » sans merci sur les pistes, ce qui engendre un respect mutuel accompagné une réelle haine de l’autre.

En rappelant que l’accident de Niki Lauda est un des sujets principaux du film. Le réalisateur a voulu rester au plus près de la réalité pour ce film, il s’est ainsi entretenu plusieurs fois avec Niki Lauda et les journalistes sportifs de l’époque. Niki Lauda a en effet participer à l’écriture du script et du scénario.

Cependant Ron Howard n’a pu s’entretenir avec Hunt, celui-ci décédé d’une crise cardiaque en 1993.

Selon les critiques des revus cinématographiques et des avis, ce film peut être considéré comme un excellent film biographique, retraçant la vie de Lauda et celle d’Hunt. Et cela grâce au respect des événements et faits réels de l’époque.

Lauda déclare que lorsqu’il visionna le film, il fut impressionné par sa grande précision :

« Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai été impressionné qu’il n’y ait pas de scènes à la mode Hollywood. C’est très précis (…) »

Les journalistes assurent que celui-ci a été émue lors de ces paroles accordées aux revus cinématographiques et automobiles. Lauda n’étant pas personnage à se livrer facilement (selon les dire et les apparences), celui-ci aurait pourtant versé sa larme dès les premières scènes d’ouvertures du film.

N’oublions pas que ce film a été nominé au festival de Toronto en 2013, nominé aussi par la British Academy en 2014, dans les catégories suivantes : meilleur film britannique, meilleur premier et second rôle et meilleur son. Et nominé aux Golden Globles de 2014 pour les catégories de meilleur film dramatique et meilleurs acteurs premier et second rôle.

Ce film possède des grandes qualités pour être vu et revu. Il s’adresse à tous, aux passionnés du sport automobile, aux connaisseurs, aux amateurs ou même ceux qui n’y connaissent rien et qui souhaitent de l’action et du « drama ». Ce film est défini en tant que film biographique, d’action et dramatique, mais celui se détache vraiment des codes de films d’actions « récurrents ». En effet son scénario et son esthétique de ce film donnent un rythme très dynamique en mariant vie privée des pilotes (le coté dramatique du film) et scènes de courses incroyables (coté action du film). Avec ce film, le réalisateur plonge tellement le spectateur dans les courses et la vie des pilotes, qu’on peut presque dire que le réalisateur challenge les publics en « forçant » les publics à prendre parti pour un des deux pilotes…

Ce film arrive a mêlé avec logique, esthétisme, et spectacle le monde du sport automobile – qui n’est pas connu de tout le monde non plus – et l’art qu’est le cinéma.

Lauda est connu de toutes les générations passionnées de sport automobiles par ses podiums, sa vie, son terrible accident. Mais aussi son humanisme, ses précieux conseils. Et surtout le film Rush. On peut aussi se poser la question : « l’accident de Grosjean et son parcours ont-ils autant marqué les esprits des passionnés automobiles au point d’en faire un futur film ? Pourquoi pas… »

Lauda inspire encore les jeunes pilotes, les passionnés et on apprécie l’idée qu’il inspire peut-être le jeune pilote prometteur de 21 ans qu’est … Mick Schumacher.

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :