Le phénomène 7. Kogustaki Mucize, alias le “film turc”, de Mehmet Ada Ostekin

Le 17 mars 2020, le Président de la République prend la parole face à la situation sanitaire actuelle et annonce le confinement du pays. La France entière se retrouve à l’arrêt, certains télétravaillent, d’autres ont cours par visioconférence, les journées s’annoncent longues, les routines des français se trouvent complètement transformées. Mais la situation ne concerne pas que notre pays, celle-ci est malheureusement mondiale. Les réactions, à l’annonce du confinement, sont assez similaires chez chacun : « Comment allons-nous occuper nos journées ? », « on va devoir se montrer créatif » ou encore « on a du temps, cool, je vais pouvoir rattraper les séries et films ratés ». Alors, les plateformes de streaming s’enflamment. Et celles-ci saisissent l’occasion d’augmenter leurs chiffres en comblant « l’ennui » des populations et, notamment, en rajoutant du contenu à leur programmation.

C’est le cas de Netflix, plateforme de streaming mondiale que nous connaissons tous, proposant un contenu varié et pour tous. Depuis le début du confinement, on ne cesse de parler sur les réseaux d’un certain « film turc » au titre imprononçable, proposé par cette plateforme. 7. Kogustaki Mucize, sorti le 13 mars dernier sur la plateforme au logo rouge. 

Photo de John-Mark Smith sur Pexels.com

Ce « film turc » a créé un phénomène viral, et la population française en est complétement touchée. Attention, prévention : quels sont les symptômes de ce mal ? Pleurs, mains pleines de mouchoirs et la lèvre inférieure qui ne cesse de trembler. Aussi, une vague de story Instagram, Snapchat ou encore Facebook mettant en scène les spectateurs en larmes devant le film, est apparu dès les premiers jours de confinement. Les célébrités se sont aussi mises à commenter ce film via les réseaux.

Mais pourquoi un tel engouement ? On peut se poser la question, car le réalisateur de ce film n’est pas particulièrement connu, et Netflix ne misait par particulièrement sur ce film pour toucher le jackpot. Alors que faut-il penser de ce film ?  A se fier aux internautes, cette fiction est bourrée d’émotion, et il est conseillé de la visionner. Avec ce film, le réalisateur a réussi à attirer plus de 5 millions de spectateurs dans les salles turques et se place aujourd’hui dans le TOP 10 des programmes Netflix les plus regardés. Il faut le dire, son auteur n’y va pas de main morte pour faire pleurer son public à chaudes larmes. 

Dans la Turquie des années 1980, on trouve un jeune berger turc (Memo) victime d’un handicap mental et père d’une charmante petit fille. Injustement accusé du meurtre de la fille d’un commandant de l’armée turc, le berger se retrouve en prison à la surprise de tout le monde. Horriblement violenté en prison, Memo, innocent, ne réalise pas qu’il va finir sa vie au bout d’une corde. A moins que, d’ici son exécution, ses défenseurs arrivent à faire éclater la vérité.

 Après le visionnage des 2h12 de film, deux possibilités s’offrent à vous : soit vous êtes lessivé, car vous avez pleuré tout le long du film ; soit votre avis est mitigé, le film vous a touché certes (c’est son but) mais c’est TOO MUCH. On l’accorde au réalisateur, l’image est belle et soignée. On découvre une Turquie sauvage qui nous donne qu’une seule envie : d’aller vivre avec la famille de Memo. Les acteurs principaux jouent très justement. Dans un rôle (personnage de Memo) compliqué à élaborer, l’acteur principal : Aras Bulut İynemli, s’en sort avec brio. Aussi l’idée du scénario et son écriture ne peuvent qu’être applaudis. On se rend bien compte après le visionnage de ce film, que les médias (de toutes formes) traitent trop peu de la cause des parents victimes de handicaps mentaux.  

Pour ce qui est de la « forme » du film, la mise en scène peut être remise en question. On étouffe sous des péripéties dramatiques qui ne cessent de s’enchaîner – le réalisateur bien décider à « déshydrater » son public- et cela ne favorise pas la crédibilité de l’intrigue. En effet, une belle émotion et une bonne tension émanent des premières scènes « dramatiques », mais le spectateur se lasse vite de ces émotions redondantes, et finit par trouver le reste des scènes limite absurdes. Avec ce film, le réalisateur « se joue » du spectateur en le soumettant à un chantage émotionnel presque constant.  Aussi, les effets, rajoutés à la presque totalité des scènes en post-production tels que : effets de ralenti appuyés, musique bouleversante et effets d’écho pour certains dialogues, n’arrangent pas les choses et sont en trop. L’histoire est assez bien écrite et émouvante, sans pour autant lui rajouter ces effets de style. 

Cependant, si vous avez une forte envie de vous évader, le temps d’un film, de la situation actuelle, en pleurant un bon coup, c’est sans aucun doute le film qu’il vous faut !   

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